Le Musée des marais salants se situe dans une ancienne salorge, anciennement appelée la salorge de la Croix de Paix ou magasin Bertrand.
À la fin de l’été, les paludiers retiraient leur sel récolté des marais, certains le vendaient directement quand d’autres le confiaient à des négociants en gros. Ces derniers conservaient le sel dans les salorges.
Après avoir connu un véritable âge d’or aux XVIIe et XVIIIe siècles grâce au commerce maritime depuis les ports du Croisic et du Pouliguen, le sel de Guérande doit affronter au XIXe siècle la concurrence du sel industriel.
Produit en grandes quantités, transporté par le chemin de fer et valorisé pour sa blancheur, ce sel raffiné bouleverse les marais salants. Face à cette concurrence, certains négociants et quelques paludiers fortunés investissent dès 1815 dans une innovation semi‑industrielle : la laverie à sel.
L’objectif de cette machine est simple : blanchir le sel gris issu des marais. La première laverie attestée sur la presqu’île guérandaise est construite en 1817 au Croisic. On en contera une dizaine sur toute la presqu’île, dont cinq à Batz‑sur‑Mer. Grâce à un système de brassage et de chauffage, le sel est « lavé » pour répondre aux attentes du marché.