La laverie à laver le sel

Pour cet épisode, la chargée des collections du Musée des marais salants et un donateur discutent autour d’une machine aujourd’hui oubliée des marais salants : la laverie à laver le sel. Cette innovation technique, qui témoigne des profondes mutations de la production salicole au XIXe siècle, vous est racontée à travers sa reproduction conservée au musée et une œuvre contemporaine récemment acquise.

L’histoire de cet objet

Le Musée des marais salants se situe dans une ancienne salorge, anciennement appelée la salorge de la Croix de Paix ou magasin Bertrand.

À la fin de l’été, les paludiers retiraient leur sel récolté des marais, certains le vendaient directement quand d’autres le confiaient à des négociants en gros. Ces derniers conservaient le sel dans les salorges.

Après avoir connu un véritable âge d’or aux XVIIe et XVIIIe siècles grâce au commerce maritime depuis les ports du Croisic et du Pouliguen, le sel de Guérande doit affronter au XIXe siècle la concurrence du sel industriel.

Produit en grandes quantités, transporté par le chemin de fer et valorisé pour sa blancheur, ce sel raffiné bouleverse les marais salants. Face à cette concurrence, certains négociants et quelques paludiers fortunés investissent dès 1815 dans une innovation semi‑industrielle : la laverie à sel.

L’objectif de cette machine est simple : blanchir le sel gris issu des marais. La première laverie attestée sur la presqu’île guérandaise est construite en 1817 au Croisic. On en contera une dizaine sur toute la presqu’île, dont cinq à Batz‑sur‑Mer. Grâce à un système de brassage et de chauffage, le sel est « lavé » pour répondre aux attentes du marché.

Reproduction visible au Musée des marais salants

Aujourd'hui disparues, ces installations ne subsistent plus que dans les archives ou certains témoignages. Leur seule et unique reproduction est présentée au musée. Sa réalisation s'inscrit dans les recherches menées par Florent Laroche, élève de l’École Centrale de Nantes et par la société Armédiévale.

Découvrir la laverie à sel

Transmettre la mémoire des activités salicoles

L’épisode donne également la parole à Nicolas Ensault, petit-fils du peintre Gérard Boulfray, artiste particulièrement attentif aux paysages de la presqu’île et aux gestes du quotidien.

Il présente l’un des tableaux de son grand-père, récemment donnés au musée, représentant la laverie à sel d’origine. Réalisée en seulement trois jours, peu avant la destruction de l’installation, cette œuvre constitue un précieux témoignage visuel d’un équipement technique aujourd’hui disparu. À la fois document patrimonial et regard d’artiste, elle contribue à préserver et transmettre la mémoire des activités salicoles qui ont façonné le territoire.

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